Quel est l’impact du pâturage sur la biodiversité ?

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Quel est l’apport des ruminants à la biodiversité lorsqu’ils pâturent sur des prairies où on a déjà laissé faire la nature (c’est-à-dire laisser fleurir les plantes et disséminer les graines) ?

Le pâturage des ruminants maintient nos paysages ouverts

En effet, si on n’entretient pas les prairies, les plantes les plus envahissantes prennent le dessus et font disparaître les espèces plus sensibles. Les prairies se transforment en broussailles qui évoluent vers une végétation arbustive puis en couvert forestier.

On peut penser que la fauche a le même effet, d’autant plus qu’elle favorise les plantes plus grandes qui se propagent par graines. Le pâturage a de nombreux avantages :

  • L’entretien des prairies, avec peu d’intervention de l’agriculteur
  • L’apport d’engrais naturel
  • Une dissémination des graines par les animaux, dans leurs poils et leurs excréments, qui favorisent la diversité des plantes (en effet la diversité de la flore est plus grande dans une prairie pâturée que dans une prairie fauchée)
  • Dès le printemps, l’aliment le plus nutritif et le plus économique pour nourrir le bétail est l’herbe pâturée. Le pâturage participe aussi au bien-être des ruminants. L’herbe fauchée, par contre, doit être enlevée, conservée et sert à nourrir le bétail en hiver.

Lire aussi : Alimentation des bovins : que mangent les vaches?

De nombreuses réserves naturelles pratiquent une combinaison de la fauche et du pâturage. En effet, le maillage écologique avec une succession de prairies pâturées, fauchées, de haies, d’arbres et d’autres éléments du paysage est plus profitable à la biodiversité, comprise comme tous les organismes vivants en interaction (bien sûrs les fleurs et les insectes pollinisateurs, mais aussi les insectes coprophages, les oiseaux et mammifères insectivores, … ).

L’éleveur doit respecter plusieurs mesures agro-environnementales

L’éleveur professionnel gère ses prairies au mieux pour nourrir son troupeau et vivre de leurs productions (lait et viande). En fonction des conditions de sa ferme, il a accès à toute une série de mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC) dont le pâturage tardif.

D’autre MAEC permettent également de pratiquer un pâturage moins intensif, favorable notamment aux plantes à graines comme la création de zones refuges ou le pâturage extensif dans certaines zones vulnérables.

Ces mesures sont accompagnées d’un payement à l’agriculteur afin de compenser les pertes de productivités de ses pâtures. Il faut noter également que l’herbe est beaucoup plus nutritive et appréciée par les vaches lorsqu’elle est jeune, au printemps (à partir du 15 avril). Ensuite, elle durcit et devient moins nutritive. De fait, le pâturage tardif (après le 15 juin) n’est pratiqué que sur des prairies naturellement peu productives.

En savoir plus

MAEC et Natura 2000 : https://www.natagriwal.be/fr

Livres Agrinature dont plusieurs traitent des prairies : https://www.agrinature.be/index.php?lg=fr&rub=publications&pg=collection-agrinature

Natagora – Réseau nature : certaines fiches traitent des milieux herbacés : https://reseaunature.natagora.be/index.php?id=4486

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