Quel impact la production de lait sur l’environnement?

Au-delà du souci de se nourrir sainement, nos choix alimentaires ont aussi des répercussions sur l’environnement. La production laitière wallonne, basée sur les prairies et les fourrages locaux, présente de nombreux atouts environnementaux.

L’empreinte carbone de l’agriculture wallonne


En Wallonie, l’agriculture représente 13 % des émissions de gaz à effet de serre (GES). C’est la quatrième source d’émissions après l’industrie (29,5 %), le transport routier (24,7 %) et le secteur résidentiel (14,4 %).[1]
L’agriculture émet principalement du protoxyde d’azote (N2O) et du méthane (CH4). Les émissions de CH4 proviennent de la fermentation des aliments dans le rumen (fermentation entérique) et de la fermentation des déjections (fumiers et lisiers). Les émissions de N2O proviennent du stockage des fumiers et des lisiers et de leur épandage comme engrais de ferme. Les émissions directes de CO2 proviennent des carburants utilisés sur la ferme ou de sources indirectes comme la fabrication et le transport des aliments pour bétail.
En Wallonie, les émissions de N2O et de CH4 s’élèvent chacune à 8 % des émissions totales de GES. L’agriculture émet environ 80 % de ces GES.[2]
 


[1] Etat de l’environnement en Wallonie – http://etat.environnement.wallonie.be/contents/indicatorsheets/AIR%201.html[2] (AWAC (Agence Wallonne de l’Air et du Climat)- 2019 – http://www.awac.be/index.php/thematiques/inventaires-d-emission/par-polluants/emission-ges

Les prairies, un atout majeur de l’élevage wallon

En Wallonie, en 2017, les prairies représentent 47 % de la surface agricole utile (SAU)[1]. L’herbe ne peut être utilisée que par les ruminants (bovins, moutons et chèvres). Ils la transforment en protéines de qualité que l’être humain peut ensuite facilement consommer sous forme de lait et de viande. L’herbe représente en moyenne 60 à 65 % de la ration d’une vache laitière.

[1] Evolution de l’économie agricole et horticole de la Wallonie 2019 – SPW – Direction de l’Agriculture, des Ressources naturelles et de l’Environnement – DEMNA – DAEA – https://agriculture.wallonie.be/economie-agricole-wallonne

Les prairies permettent de stocker du carbone

Des études scientifiques menées dans différents pays depuis plusieurs années montrent que le stockage de carbone par les prairies est une voie d’atténuation non négligeable de l’impact des émissions de GES de l’élevage. Cependant de nombreux facteurs, tels les conditions climatiques, l’âge de la prairie, sa gestion, influencent cette capacité de stockage. Selon les résultats disponibles, la prairie compenserait en grande partie les émissions de gaz à effet de serre provenant des vaches qui pâturent dessus.
Afin de ne pas libérer le carbone stocké dans le sol des prairies, celles-ci ne peuvent être retournées que dans certaines conditions et à une certaine période. Par ailleurs, l’Union Européenne impose aux Etats membres, le maintien de leur superficie en prairies permanentes (prairies de plus de 5 ans). Actuellement, cette superficie est stable en Wallonie.

Les prairies favorisent la biodiversité et façonnent le paysage

De nombreuses espèces animales et végétales habitent les prairies. On dénombre plus de 50 espèces de plantes différentes, une dizaine de mammifères, plus de 50 espèces d’oiseaux et plus de 100 espèces d’insectes, habitués des prairies.
L’élevage est garant du maintien des prairies grâce à une bonne gestion de celles-ci. Certaines techniques pratiquées par les éleveurs favorisent la biodiversité. La première d’entre elles est le pâturage qui favorise la dispersion des graines et la présence d’insectes. Le fauchage tardif ou la zone refuge (zone non fauchée ou pâturée) permettent aux plantes de monter en graines et de réensemencer et favorise la présence d’insectes butineurs. L’entretien des haies, des arbres et des mares, ainsi que la conservation des prairies inondables maintiennent l’habitat de certaines espèces.


Les produits laitiers, difficilement remplaçables

Dans notre régime alimentaire, le lait et les produits laitiers sont difficilement remplaçables. S’en passer impliquerait :

  • un changement radical de régime alimentaire pour se passer de produits laitiers et consommer des choux, amandes, légumes secs et sardines en grandes quantités. Par exemple, un grand verre de lait (250 ml) permet d’absorbé 100 mg de calcium alors qu’il faudrait 500g de chou vert ou 250g d’amandes pour en absorber la même quantité.
  • un changement radical de nos paysages dans lesquels les prairies seraient remplacées par des zones de cultures, nous privant du potentiel de stockage du carbone des prairies et de l’engrais de ferme, engrais naturel produit par les vaches.