Nos réponses à vos questions

Sur CELAGRI nous vous apportons des pistes de réponses validées scientifiquement, face aux questions que vous vous posez sur le monde agricole.

🆕 Quel est l’apport des ruminants à la biodiversité lorsqu’ils pâturent sur des prairies où on a déjà laissé faire la nature (c’est-à-dire laisser fleurir les plantes et disséminer les graines) ?

1.       Le pâturage des ruminants maintient nos paysages ouverts. En effet, si les prairies ne sont pas entretenues, les plantes les plus envahissantes prennent le dessus et font disparaître les espèces plus sensibles, les prairies se transforment en broussailles qui évoluent vers une végétation arbustive puis un couvert forestier.

On peut penser que la fauche a le même effet, d’autant plus qu’elle favorise les plantes plus grandes qui se propagent par graines. Le pâturage a de nombreux avantages :

·         L’entretien des prairies, avec peu d’intervention de l’agriculteur

·         L’apport d’engrais naturel

·         Une dissémination des graines par les animaux, dans leurs poils et leurs excréments, qui favorisent la diversité des plantes (en effet la diversité de la flore est plus grande dans une prairie pâturée que dans une prairie fauchée)

·         Dès le printemps, l’aliment le plus nutritif et le plus économique pour nourrir le bétail est l’herbe pâturée. Le pâturage participe aussi au bien-être des ruminants. L’herbe fauchée, par contre, doit être enlevée, conservée et sert à nourrir le bétail en hiver.

De nombreuses réserves naturelles pratiquent une combinaison de la fauche et du pâturage. En effet, le maillage écologique avec une succession de prairies pâturées, fauchées, de haies, d’arbres et d’autres éléments du paysage est plus profitable à la biodiversité, comprise comme tous les organismes vivants en interaction (bien sûrs les fleurs et les insectes pollinisateurs, mais aussi les insectes coprophages, les oiseaux et mammifères insectivores, … ).

2.       L’éleveur professionnel gère ses prairies au mieux pour nourrir son troupeau et vivre de leurs productions (lait et viande). En fonction des conditions de sa ferme, il a accès à toute une série de mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC) dont le pâturage tardif. D’autre MAEC permettent également de pratiquer un pâturage moins intensif, favorable notamment aux plantes à graines comme la création de zones refuges ou le pâturage extensif dans certaines zones vulnérables. Ces mesures sont accompagnées d’un payement à l’agriculture afin de compenser les pertes de productivités de ses pâtures. Il faut noter également que l’herbe est beaucoup plus nutritive et appréciée par les vaches lorsqu’elle est jeune, au printemps (à partir du 15 avril). Ensuite, elle durcit et devient moins nutritive. De fait, le pâturage tardif (après le 15 juin) n’est pratiqué que sur des prairies naturellement peu productives.


Voici des liens pour en savoir plus :

·         MAEC et Natura 2000 : https://www.natagriwal.be/fr

·         Livres Agrinature dont plusieurs traitent des prairies : https://www.agrinature.be/index.php?lg=fr&rub=publications&pg=collection-agrinature

·         Natagora – Réseau nature : certaines fiches traitent des milieux herbacés : https://reseaunature.natagora.be/index.php?id=4486

Pourriez-vous me dire qu’elles sont les mesures prises par la PAC en matière de lutte contre le changement climatique?

Les agriculteurs via la Politique Agricole Commune (PAC) mettent en place plusieurs mesures afin d’améliorer l’environnement et (in)directement les changements climatiques.

Premièrement, un partie des aides PAC (30 %) sont liées aux respects de certaines conditions environnementales c’est ce qu’on appelle le paiement vert. Les agriculteurs bios ne sont pas obligés de mettre en place ces pratiques.
1) Les agriculteurs doivent maintenir les prairies permanentes existantes. Les prairies ont un intérêt environnemental car elles permettent de stocker d’importantes quantités de carbone, elles participent également à lutter contre l’érosion.
2) Pour les fermes de plus de 10 ha, Les agriculteurs doivent obligatoirement avoir une diversité dans leurs cultures (minimum 2 ou 3 cultures différentes en fonction de la taille de l’exploitation). Les fermes avec plus de 75 % de leur superficie en prairie sont exemptées.
3) Pour les fermes de plus de 15 ha, les agriculteurs doivent mettre en places des Surfaces d’Intérêt Ecologique (SIE) sur 5 % de leurs terres cultivées (Jachères, Cultures de légumineuse[2, Couverts végétaux[2], haie, arbres, marres, miscanthus, bandes d’herbe ou de fleur en bord de champs…).

Tous les agriculteurs doivent également respecter toute une série de mesure pour éviter les pertes d’azote (nitrates) dans l’air et dans l’eau, c’est le Programme de Gestion Durable de l’Azote en agriculture (PGDA) : les agriculteurs doivent stocker leurs effluents d’élevage dans des conditions strictes et contrôlées, les quantités d’engrais (organique ou minéral) épandues sont limitées et contrôlées, les agriculteurs doivent en place des cultures pour piéger les nitrates (CIPAN)….
5 % des agriculteurs sont contrôlés chaque année pour vérifier que leur champ ne contient pas trop d’azote (Mesure d’azote potentiellement lessivable, APL). Depuis dix années de contrôle APL, le taux d’exploitations conformes est presque toujours supérieur à 80 %.
https://protecteau.be/resources/shared/publications/Le%20Mag/PE_Mag03.pdf

Les agriculteurs mettent également en place de manière volontaire des Mesures Agro Environnementales et Climatiques MAEC, il s’agit de pratiques favorables à la protection de l’environnement (préservation de la biodiversité, de l’eau, du sol, du climat), à la conservation du patrimoine (animal ou végétal) et au maintien des paysages en zone agricole. En 2016, le taux de participation des agriculteurs était de 48 %, soit près d’un agriculteur sur deux.
https://www.natagriwal.be/fr/mesures-agro-environnementales/en-quelques-mots

La Wallonie fait également partie du réseau Natura 2000 qui vise à protéger des espèces végétales et animales en voie de disparition en Europe.
Le Réseau wallon compte 240 sites couvrant une surface de 221.000 ha (13 % du territoire), 15 % de ces sites sont des prairies (soit 5 % des superficies agricoles de Wallonie).
https://www.natagriwal.be/fr/natura-2000/en-quelques-mots-1


1 Les légumineuses permettent de fixer l’azote atmosphérique et ainsi par la suite diminuer l’utilisation d’engrais chimiques.
2 Les couvert végétaux poussent à la fin de l’été/début d’automne et permettent de couvrir le sol pendant l’hiver entre deux cultures. Les couverts permettent de limiter l’érosion et piège les nitrates en évitant qu’ils ne polluent les nappes phréatiques. Les couverts sont également très intéressants pour la biodiversité.

Est-ce qu’une traduction de ce site est prévu? Quand est-ce qu’elle sera en ligne?

La possibilité de diffuser les informations présentes sur le site en allemand à l’attention de la Communauté germanophone, est une excellente idée et serait en phase avec les objectifs de communication à l’égard du secteur agricole.

Malheureusement, à ce jour, la Cellule d’Information agriculture ne dispose ni des ressources humaines, ni financières pour assurer la traduction des dossiers diffusés, voire même simplement des articles.

Si les choses venaient à évoluer, vous en seriez certainement informée.

Un article est paru récemment sur les vaches canulées et je ne vois pas d’explications de cette pratique scientifique sur votre site. Pourriez-vous en rajouter une afin de donner un point de vue objectif sur le bien être animal là dedans ?

Nous venons de publier une information à propos du sujet controversé des vaches à canule, que nous vous invitons à consulter ici : lien vers l’article

Dans quel laboratoire faire analyser ses productions agricoles ou fruitières pour déceler d’éventuels résidus de pesticide et quel est le coût approximatif d’une analyse ?

Si le contrôle qualité est pour rechercher des résidus de pesticides il vaut mieux s’adresser aux labos agréés par l’AFSCA qui font des contrôles sur denrées agricoles et alimentaires en routine. Ça coûterait entre 150 et 500 € par échantillon suivant la gamme de résidus recherchés.

Laboratoire Localisation Téléphone Email
Federaal Laboratorium voor de Voedselveiligheid Tervuren
3080 Tervuren
Belgique
+32 02 76 923.12 .img
Delft Research Group B.V. Groen Agro Control 2645 EG Delfgauw
Pays-Bas
+31 15 2572511 .img
AGROLAB LUFA GmbH 24107 KIEL
Allemagne
00494311228401 .img
NOFALAB BV 3115 JG Schiedam
Pays-Bas
0031104279620 .img
Laboratoire Phytocontrol 30035 Nîmes
France
0033 (0) 434 147 000 .img
PRIMORIS Belgium 9052 Zwijnaarde
Belgique
+32 093301010 .img
Sciensano (Pesticiden) 1050 Brussel
Belgique
+32 02 642.53.53 .img
Eurofins Lab Zeeuws-Vlaanderen (LZV) B.V. 4569TC Graauw
Pays-bas
+31 114 63 54 00 .img

Si c’est plus pour de la recherche et faire des mesures à la carte pour comparer ses produits agricoles avec d’autres , vous pouvez vous adresser à la fac de Gembloux ou au CRA-w

Vous pouvez aussi voir avec Requasud (réseau des laboratoires d’analyse agricole en Wallonie). Il est conseillé au producteur de téléphoner au labo le plus proche de chez lui et d’expliquer sa situation. Les laboratoires en questions pourront lui donner plus d’informations et éventuellement le renvoyer vers la bonne personne si ils ne font pas ce service eux-même.

Contacts des différents laboratoires en Wallonie.