Comment se traduit la démarche bio au quotidien dans une ferme?


Comment se met en place la démarche bio au quotidien sur les fermes ?

Le cycle fermé ou l’autonomie de l’exploitation

L’exploitation bio vise à être le plus autonome possible en terme de fertilisants, semences et aliments pour animaux. L’autoproduction apporte plus de cohérence par rapport au lien au sol : ainsi les aliments produits sur la ferme nourriront les animaux qui à leur tour restitueront du fumier qui viendra enrichir le sol.

La prévention comme base

L’agriculteur bio utilise des variétés adaptées au climat et résistantes aux maladies. Il recourt aux cultures associées[1] qui permettent notamment une couverture rapide du sol par les plantes et limitent ainsi le développement de plantes non désirées.

Afin de diminuer la présence de maladies et de plantes non désirées compétitrices avec la culture (appelées adventices), l’agriculteur bio va éloigner dans l’espace et dans le temps les cultures. Pour une séparation dans le temps, il va faire des rotations culturales longues, cela veut dire que pendant 5 à 10 ans, dans un même champ, il sèmera chaque année une espèce différente. Pour une séparation dans l’espace, il va mélanger des variétés différentes qui présenteront chacune des mécanismes différents de résistance.

Afin de limiter les apports extérieurs de fertilisants, il va également favoriser dans la rotation les légumineuses  (ex : pois, lentilles, féveroles….) qui permettent de fixer une partie de l’azote de l’aire et les engrais verts pour favoriser la fertilité. Il pourra également utiliser des engrais organiques (engrais de synthèse interdits) qui permettront de libérer les nutriments et la matière organique sur le long terme dans les sols.

L’agriculteur bio va organiser sa ferme afin de favoriser les mécanismes naturels de pollinisation, de prédation, de symbioses, etc. Pour ce faire, il augmente la biodiversité autour de sa ferme en fournissant le gîte et le couvert à différents animaux et insectes via des aménagements (haies, mares, bandes enherbés, cultures associées…).


[1]La culture associée est un système de culture consistant à cultiver plusieurs espèces végétales sur la même parcelle en même temps (ex : blé/féverole ; lentilles/cameline ; orge/pois…).

L’observation, pratique indispensable en agriculture biologique

L’agriculture bio se base avant tout sur l’observation fine et l’anticipation avant de prendre une décision. Grâce à des pièges à insectes, l’agriculteur peut avoir une idée de l’évolution de la population d’un insecte ravageur et prendre la décision de traiter la culture avec un produit naturel si cette population augmente trop. Tout ça, avant que des dégâts sur les plantes ne soient vraiment constatés.